Lorsqu’un bureau d’études commence à structurer sérieusement son utilisation de TopSolid’Wood, la question arrive presque toujours :
Faut-il développer sa propre bibliothèque de composants ou partir d’une bibliothèque déjà existante ?
Sur le papier, créer ses propres composants TopSolid’Wood semble parfaitement logique.
Après tout, personne ne connaît mieux les méthodes de fabrication, les habitudes de l’atelier et les standards d’une entreprise… que l’entreprise elle-même.
Et c’est vrai.
Mais entre créer quelques composants TopSolid’Wood et construire une bibliothèque réellement exploitable au quotidien par plusieurs techniciens, maintenable dans le temps et capable d’accompagner la fabrication, il y a un monde.
Alors, bibliothèque maison ou bibliothèque existante ?
La réponse n’est pas aussi évidente qu’elle en a l’air.
La vraie question n’est pas : « Peut-on créer sa bibliothèque ? »
Bien sûr que oui.
TopSolid’Wood est justement conçu pour permettre aux entreprises de créer leurs propres standards et d’utiliser des bibliothèques de composants capables d’intégrer leur logique métier, jusqu’aux usinages.
Un technicien expérimenté peut donc parfaitement développer :
- des caissons paramétriques ;
- des portes ;
- des tiroirs ;
- des quincailleries ;
- des assemblages ;
- des usinages ;
- des équipements ;
- ou des meubles complets.
La vraie question est plutôt :
Est-ce réellement là que le bureau d’études doit consacrer son temps ?
Parce qu’un composant ne coûte pas uniquement le temps nécessaire à sa création.
Le coût caché d’une bibliothèque TopSolid’Wood développée en interne
Prenons un composant relativement classique.
Il faut évidemment le construire.
Mais il faut ensuite le paramétrer correctement, gérer les différents cas de figure, intégrer les quincailleries, prévoir les usinages, contrôler les données qui en ressortent et vérifier son comportement lorsque les dimensions changent.
Puis vient le terrain.
Que se passe-t-il avec une épaisseur différente ?
Une autre matière ?
Une largeur extrême ?
Une configuration inhabituelle ?
Une quincaillerie différente ?
Une modification réalisée six mois plus tard par un autre technicien ?
Et surtout : est-ce que ce qui fonctionne parfaitement en 3D fonctionne toujours aussi bien lorsqu’il faut réellement fabriquer le meuble ?
Le coût réel d’un composant ne se résume donc pas à : Temps de création.
Il ressemble davantage à : Développement + tests + corrections + documentation + maintenance + évolution.
Et il faut multiplier cette logique par des dizaines, parfois des centaines de composants.
C’est là que la bibliothèque commence à devenir un véritable projet d’entreprise.
Les avantages d’une bibliothèque développée en interne
Il ne faut pas pour autant jeter la bibliothèque maison aux oubliettes.
Elle possède même un avantage impossible à reproduire totalement avec une solution générique : elle peut correspondre exactement au savoir-faire de l’entreprise.
Une entreprise qui possède des méthodes de fabrication très particulières, des produits fortement standardisés ou des contraintes techniques spécifiques peut avoir tout intérêt à développer certains composants elle-même.
Elle garde ainsi :
- une maîtrise totale de son paramétrage ;
- une liberté complète dans ses méthodes ;
- des composants parfaitement adaptés à son atelier ;
- la possibilité d’intégrer ses propres règles métier ;
- son savoir-faire directement dans TopSolid’Wood.
Dans ce contexte, développer en interne peut être une excellente décision.
À une condition : avoir les compétences et surtout le temps pour maintenir ce qui a été créé.
Parce qu’une bibliothèque abandonnée pendant trois ans peut rapidement devenir plus pénalisante qu’utile.
Une bibliothèque existante répond à une autre logique
L’objectif d’une bibliothèque existante n’est pas de connaître mieux le métier de l’entreprise que ses propres techniciens.
Ce serait absurde.
Son intérêt est ailleurs.
Il consiste à mutualiser tout ce qui n’a pas besoin d’être redéveloppé entreprise par entreprise.
Une porte reste une porte.
Une charnière possède toujours ses contraintes de pose.
Un tiroir possède ses coulisses et ses règles d’implantation.
Un assemblage nécessite certains usinages.
Une étagère, un socle, une prise électrique, une trappe ou une quincaillerie sont des problématiques auxquelles des centaines de bureaux d’études sont confrontés.
Pourquoi chacun devrait-il repartir de zéro ?
C’est précisément sur cette logique qu’a été développée Biblidéo.
L’objectif n’est pas de remplacer le savoir-faire du technicien.
L’objectif est de lui éviter de consacrer une partie de son temps à reconstruire des briques techniques déjà développées ailleurs.
Acheter une bibliothèque, c’est surtout acheter du temps déjà investi
C’est probablement le point le plus important du comparatif.
Lorsqu’une entreprise adopte une bibliothèque existante, elle n’achète pas simplement des fichiers TopSolid’Wood.
Elle récupère surtout du temps de développement déjà investi.
Les composants ont été créés, paramétrés, modifiés, testés et corrigés avant même leur arrivée dans le bureau d’études.
Dans le cas de Biblidéo, cette logique va volontairement jusqu’à confronter les composants aux réalités de fabrication : usinages, assemblages, nomenclatures, mises en plan et comportement réel dans les projets.
Nous détaillons notamment cette approche dans notre article consacré aux composants Biblidéo testés en conditions réelles.
Le bureau d’études peut donc concentrer davantage son énergie sur ce qui crée réellement sa différence : le projet client.
Mais une bibliothèque existante possède aussi ses limites
Il serait malhonnête de prétendre le contraire.
Une bibliothèque développée pour plusieurs entreprises ne peut pas connaître par avance toutes les particularités d’un atelier.
Il peut donc rester :
- certaines habitudes spécifiques à intégrer ;
- des composants très particuliers à développer ;
- des règles internes à conserver ;
- des méthodes propres à l’entreprise à ajouter autour de la bibliothèque.
Une entreprise réalisant essentiellement un produit extrêmement spécifique peut même avoir davantage intérêt à investir dans une bibliothèque totalement interne.
Et si un bureau d’études possède déjà une bibliothèque parfaitement structurée, documentée, maintenue, comprise par plusieurs collaborateurs et réellement efficace jusqu’à l’atelier…
La remplacer simplement pour la remplacer n’aurait aucun sens.
Le but reste de gagner en efficacité, pas de changer d’outil pour le plaisir.
Et si la meilleure solution était… de ne pas choisir complètement ?
Dans beaucoup de bureaux d’études, l’approche la plus rationnelle se situe probablement entre les deux.
Utiliser une bibliothèque existante pour tout ce qui est récurrent et mutualisable.
Et conserver le développement interne pour ce qui constitue réellement la spécificité de l’entreprise.
Autrement dit : ne pas utiliser ses ressources pour réinventer une charnière, mais les utiliser pour développer ce que personne d’autre ne peut faire à sa place.
C’est aussi une manière différente de considérer TopSolid’Wood.
La bibliothèque devient un socle.
Le savoir-faire de l’entreprise vient ensuite se construire dessus.
Bibliothèque maison ou bibliothèque existante : 6 questions pour décider
Avant de lancer plusieurs mois de développement interne, un bureau d’études peut simplement se poser quelques questions.
1. La compétence existe-t-elle réellement en interne ?
Utiliser TopSolid’Wood quotidiennement et savoir développer des composants robustes et facilement maintenables sont deux compétences différentes.
2. Qui maintiendra la bibliothèque dans trois ans ?
Si toute la logique repose sur une seule personne, la question mérite d’être posée immédiatement.
3. Le composant représente-t-il vraiment un savoir-faire spécifique ?
S’il s’agit d’un élément totalement standard, le reconstruire apporte-t-il réellement une valeur à l’entreprise ?
4. Combien coûte le temps passé à le développer ?
Pas seulement en salaire.
Mais aussi en projets clients qui auraient pu être traités pendant ce temps.
5. Comment le composant se comporte-t-il jusqu’à l’atelier ?
Une belle 3D n’est pas suffisante.
Les données, usinages, nomenclatures et documents de production font partie du résultat attendu.
Pour aller plus loin sur ce sujet, nous avions détaillé les différents critères d’une bibliothèque de composants TopSolid’Wood réellement exploitable par un agenceur ou un menuisier.
6. Le bureau d’études veut-il développer des composants… ou réaliser des projets ?
C’est probablement la question la plus simple.
Et parfois la plus difficile.
Où se place Biblidéo dans tout ça ?
Biblidéo a été développé avec une idée relativement simple :
créer une base de composants TopSolid’Wood suffisamment complète et structurée pour éviter que chaque bureau d’études bois et agencement recommence le même travail de son côté.
Portes, tiroirs, quincailleries, assemblages, éléments techniques, composants paramétriques…
Le développement est mutualisé et la bibliothèque continue d’évoluer.
Des exemples concrets sont visibles directement dans notre playlist YouTube consacrée aux composants paramétriques Biblidéo.
Cela ne signifie pas qu’un bureau d’études ne développera plus jamais rien.
Cela signifie simplement qu’il peut choisir où il souhaite réellement investir son temps de développement.
Alors, faut-il créer sa bibliothèque TopSolid’Wood ?
Oui… parfois.
Si l’entreprise possède un savoir-faire très spécifique, les compétences nécessaires et les ressources pour développer puis maintenir sa bibliothèque, le développement interne peut être parfaitement pertinent.
Mais lorsqu’une grande partie des besoins concerne des problématiques communes aux agenceurs et menuisiers, repartir systématiquement d’une page blanche mérite d’être questionné.
Parce qu’au final, le choix n’est pas réellement entre : « faire soi-même » ou « acheter une bibliothèque ».
Le choix est plutôt : « Où le temps et les compétences du bureau d’études créent-ils le plus de valeur ? »
Et parfois, la meilleure optimisation TopSolid’Wood commence simplement par arrêter de développer ce qui existe déjà.
Vous souhaitez voir concrètement ce qu’une bibliothèque existante peut apporter à votre bureau d’études ?
Découvrez nos démonstrations et méthodes autour de TopSolid’Wood et Biblidéo sur notre chaîne YouTube, ou échangez directement avec Idéo Solutions sur votre organisation actuelle.
L’objectif n’est pas de remplacer ce qui fonctionne déjà.
L’objectif est d’identifier ce qui mérite réellement d’être développé en interne… et ce qui peut déjà être automatisé.